Migrants, herbe et pyramides

Flores (pres Tikal), Province du Petén, Guatemala.

Bonjour!

J’avoue, j’ai un petit cote collectioneur. Mais pas du genre numismate, ce que j’aime, par exemple, c’est collectioner les lacs remarquables du monde. Comment? En nageant dedans, pardi!

Je n’en ai pas beaucoup, mais je les estime grandement, comme le Baikal ou Band-e-amir. Aujourd’hui, j’ai pu ajouter celui de Petén Itzá, au beau milieu de l’immense foret du Peten et du Yucatan. Ma collection de cols et celle de caps restent  tres largement en tete, mais quel bonheur de noyer ma crasse dans celle du lac, apres avoir sué toute la journee dans les ruines de Tikal!

Nous voici donc de retour au Guatemala, quoiqu’avec une coloration assez differente. Ici, dans la plaine humide, il y a bien les ruines des defunts royaumes mayas mais plus leurs descendants qui sont montés sur le haut-plateau voici quelques siecles. Ce n’est plus le monde indien: On est metis et on parle espagnol. Quant aux villages, ils sont bien mornes, et beaucoup plus rares.

D’ailleurs, j’ai parlé de foret, mais elle n’existe plus. Ce sont des paturages pelés que seuls ponctuent quelques carrés de mais par-ci par-la. Ironie de l’histoire, la zone de Tikal, autrefois hyper-urbanisée avec ses 100’000 habitants autour du 8eme siecle, est maintenant la seule poche préservée de foret pluviale.

Triste constat: La nature du Guatemala, sur le plateau comme dans le Peten, est en etat d’agonie avancee. Bien plus qu’au Honduras voisin, tres genereux en paysages (presque) vierges.

Depuis la campagne hondurienne nous avons rejoint la cote caraibe en passant par San Pedro Sula, ville qui detient le triste record plus haut taux d’homicide des Ameriques. Passé une frontiere a Corinto, un poste paumé dans la brousse mais etape obligée de nombreux travailleurs migrants. Dans les collectivo, minibus qui s}assurent les liaisons entre villes ou villages, il y en a toujours et c’est l’occasion d’entendre leurs histoires. Ce qui m’a le plus frappé, c’est le grand respect, la reconnaissance meme, qu’ils ont pour les USA, malgre toutes les barrieres et toutes les douleurs. Et aussi, leur serenite. Ils s’en remettent a Dieu, minimisent les emmerdes, et ne gagent de rien. « Si le désert n’est pas dangereux? Ca dépend des fois… »

Puis, Livingstón. On a de la peine a croire que c’est le Guatemala. La majorité des habitants sont des Garifuna, descendants d’esclaves africains révoltés de Saint-Vincent  parlant une creole arawak. Mais ca ne vous dit probablement pas grnad-chose. Vous voyez le clip de Rihanna « Man down »? Eh bien c’est exactement cette ambiance!

Au beau milieu de ces Blacks, tous cooools et surtout tous completement defonces, hommes et femmes, jeunes et vieux, il y a de petits indiennes mayas kek’chi, des metis aussi bien sur, et meme quelques descendants directs de paysans espagnols. Un melange déroutant qui vit en paix, aidé certes par une bonne dose de stupefiants ou d’alcool. Mais qu’importe, il en faut parfois pour huiler les rouages d’une société.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :