Retour au Chiapas

1er février
San Cristobal de las Casas

Repos forcé dans l’ex-bastion zapatiste. J’ai une foire d’enfer, envie de rendre, et froid et chaud tout a la fois.
De zapatiste, la ville n’a plus grand-chose. Un vague souvenir, surtout visible sur les cartes postales qui commémore la « commune » des Tzotzil en 1994. Les miliciens encagoulés, a cheval, les cortèges de résistants paradant a l’accordéon et leurs masques lugubres… La fierté indienne, surtout. La fierté affirmée, brandie haute après 5 siècles d’occupation.
Les zapatistes ont été trahis par le gouvernement à chaque accord conclu. Ils se retirés dans la foret lacandonne, et sont harcelés dans les villages par les paramilitaires créés par le gouvernement. Mais si les revendications indiennes restent encore foulées au pied par l’état, des progrès ont été fait sous l’impulsion des zapatistes. La lutte n’est pas vaine!

San Cristobal est petit a petit devenu un endroit hype, et les nombreux étrangers -dont enormement d’italiens- venus après 1994 attirés par la mouvance zapatiste, devant bien se nourrir, ont ouvert des commerces. Des cafés, des guesthouse, des boutiques, et pas mal de pizzerias.

J’ai dit adieu hier a Romain, qui rentre en Europe. La frontière entre le Petén et le Chiapas fut mémorable. Après le poste frontière de Bethel, nous avons poursuivi la route pendant trois quart d’heure jusqu’au village de Tecnica(sic!) et traversé le fleuve en pirogue a moteur. Nous n’etions même pas encore de l’autre coté qu’il s’est mis a roiller comme vache qui pisse, et sur la grève nous avons du attendre la fin de l’averse a l’intérieur de la pirogue, en équilibre instable et les muscles tendus pour trouver l’angle qui nous tremperait le moins. Avec peu de succès.
Plusieurs heures après avoir tamponné notre sortie du Guatemala, nous avons eu celui d’entrée au Mexique. C’est le plus long moment que j’aie passé dans officiellement aucun pays sur terre!

Le lendemain, nous sommes allés explorer le site voisin de Yaxchilan, qui m’a fait bien plus forte impression que Tikal. Noyé dans la jungle, s’ouvrant a nous progressivement a travers la brume épaisse, il donnait l’impression que nous étions les premiers a le découvrir. Personne d’autre que nous ne l’a visité ce matin-là.

La route qui rejoint le plateau du chiapas est longue et passe de la jungle calcinée aux forets de pins de montagne, plus ou moins préservées. Nous avons croisés des patrouilles de l’armée suréquipée, et l’un des 130 Lacandons, peut-être le seul qui est albinos. Dans sa fine tunique blanche, les cheveux longs ondulés, et le visage pur, il avait l’air d’un vestige du temps.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :