Kilomètre 96

Oaxaca, le 6 février

Quand on est convalescent, quoi de mieux qu’une plage? Me suis-je dit a San Cristobal. Et hop me voila dans le bus de nuit pour le sud de l’état de Oaxaca.

Fin décembre, j’ai croisé en coup de vent Philipp, chercheur au département de philo de l’université ayant passé une année au Mexique. Juste eu le temps de lui demander « Quel est l’endroit ou il faut absolument aller? » et il m’a dit, « Mazunte ». Il ne m’en a pas fallut plus pour que je le note sur la liste.

Plus tard j’ai découvert que Mazunte est une petite plage de carte postale au sud de la Sierra Madre Occidental. Entre deux sueurs et une crampe d’estomac, sa vision s’est imposée a moi.

Mazunte: Un vrai rêve d’opium! La chaleur dorlotante, le sable qui grésille sous les assauts des vagues du pacifique, des nuits et des repas pour presque pas un rond, et cette douce torpeur ambiante, qui vous confit dans une paresse irrésistible. Le seul problème, et de taille, c’est de parvenir a s’y arracher.

Certains sont la depuis des jours, d’autres des semaines. Un sexagénaire de l’Iowa etait la depuis 13 mois. Son compère vient tous les ans 2 mois depuis… 1973! Un retraité bedonnant tout ce qu’il y a de plus classique… Jusqu’à ce qu’il allume un joint.

Le pollen, c’est un peu le jus d’orange de Mazunte. Même le sable a une légère odeur de résine. Et pourtant, personne n’a vraiment l’air défoncé. Probablement parce pour les voyageurs de Mazunte, le joint n’est pas une fin en soi, mais plutôt le dessert, la cerise sur le gâteau. Tout le monde est high, mais personne n’est tout-a-fait stone. De toute façon, avec un cadre pareil, même pas besoin de fumer pour triper.

Moi, mon principal souci etait de manger du riz, au point qu’on m’a appelé « el chino ». Une fois la panse retapé, j’ai dit adieu a tous les argentins, français, italiens, israéliens, canadiens et les rares mexicains du village, et j’ai quitté la plage.

Mazunte l’idyllique, justement, avait un goût doucereux à la longue. Il me manquait un peu de rudesse, des aspérités, un grain de défi.

Alors j’ai pris la route de la montagne. De 0 a 2300 en 3 heures. Des forêts de pin à perte de vue, rassemblant un quart des 43 espèces du Mexique. Tout a la fois un rêve et un cauchemar de botaniste!

Dormi dans un chalet zapotèque, seul habitation d’un hameau sans nom, et le lendemain, j’ai arpenté les routes de bucherons. Seul, avec la foret, le soleil, et la poussière beige de la piste. Tout ce qu’il me faut!

Revigoré par la Pacha Mama, je me suis embarqué sereinement pour le reste de la route 175 jusqu’a la ville. Les meilleurs molle du pays, le meilleur mezcal, et leurs quesadillas géante(les tlayudas) sont de bons arguments pour s’attarder a Oaxaca, mais je repars demain déjà, dans l’autre Sierra. J’ai un arbre a saluer au kilomètre 96.

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