Les coyotes de Zacatecas

Juchipila, Etat de Zacatecas

Je suis fatigue. Affreusement fatigue. C’etait encore une longue apres-midi de route, et la route au Mexique me terrasse. Pas une question d’asphalte, qui est tres bon, puisque le gouvernement agit comme dans tout pays en guerre: Il investit dans les armes et dans les routes, c’est tout. Pas une question de vehicule non plus, ils sont rutilants (Au Guatemala les routes sont desormais bonnes mais les bus delabres, resultat ca secoue autant que sur de la piste).

Le probleme, c’est la tele! 6 heures de route signifient 3 films a plein volume, d’affilee, et pas n’importe lesquels! De ces navets! Ils doivent les choisir expres. Ecran toutes les trois rangees, baffles au-dessus de chaque siege, son Dolby pour de la souille!

Ayant grandi sans tele reagis comme un indien d’Amazonie au petit ecran: Suis totalement incapable de pas me laisser perturber. Meme avec les paysages epoustouflants qui defilent a la fenetre, elle capte mon attention chroniquement. Une sorte de reflexe animal, primitif, de se tourner vers la source de bruit et d’image.

J’ai bien essaye d’autres moyens de transport, mais il n’y a pas de trains au Mexique (Comment on destine un pays de 115 millions d’habitants a avoir au moins autant de voitures!!), les anes sont lents et ont mauvais caractere, et l’auto-stop… Pas mieux. Ca marche de temps en temps, mais dans les zones ou les Narcos ont trop marque les esprits, les gens acceleraient en me voyant.

C’est comme ca que je me suis retrouve hier dans le desert a marcher a en avoir mal partout. Du desert brut de decoffrage, sans ame qui vive dans les quatre directions, et c’est peu dire que la vue porte loin la-bas. Une route droite comme un manche a balais, que seuls cadencent les formes incongrues des yucca arborescents, et parfois un squelette. Une voiture toute les 45 minutes, qui me filait devant a chaque fois. Il faisait tard, presque la nuit, et ces maudites montagnes semblaient toujours aussi lointaines, de fait elles l’etaient. Et puis, cerise sur le gateau, la pluie. Deux ans qu’il n’avait pas plu dans ce desert! Et il a fallu que ce soit le jour ou j’etais la.

J’etais bien sur flatte d’etre le temoin d’un spectacle rare. Le ciel au nuances d’anthracite magnifiait les hordes de yuccas geants dresses vers lui comme des animaux fabuleux. On aurait cru entendre leur mugissement. Mais j’en avais ma claque, et si je n’atteignais pas un village avant la nuit complete, j’etais bon pour la passer parmi les coyotes. Est passe un de ces pick-up large comme un camion, et quand il m’a depasse, j’ai fait ce que fait tout auto-stoppeur quand il en a trop marre. Je l’ai insulte en geste et parole. Et il s’est arrete. A ce moment precis, il y avait deux possibilites. Soit il allait me casser la gueule, soit il allait m’emmener vers un lieu habite.

J’ai eu de la chance, c’etait la deuxieme.

A bientot!

Adrien

 

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