Posts Tagged ‘Chine’

Les ruelles au verso des villes

mars 7, 2011

Pardonnez la ponctuation fantaisiste, mais j ecris depuis un cafe internet de la banlieue de Canton. Et evidemment, il n ont jamais entendu parle de l accent aigu ni de l apostrophe. De surcroit,  une fois sur deux les lettres ne sortent pas, bien que je les enfonce a fond. Je sens que ce billet va etre court.

Apres deux jors a Hong Kong, je m enfonce maintenant en Chine continentale. Je ne suis encore qu a Canton, grande ville d Sud. Depuis mon depart de Tokyo, j enchaine les agglomerations de pusieurs millions d habitants: Hong Kong, Kowloon, Shenzhen, et enfin Guangzhou. Mais si Hong Kong a des airs de ville totale, ici en revanche je sens un esprit provincial. Proche de la terre bien qu en beton. Ce doit etre l influence des travailleurs migrants, surtout dans cette peripherie ou j attends mon bus pour Guilin. J ai trouve un bazar a queqlues rues de la gare routiere, une enfilade d echoppes entre les immeubles sous des guirlandes de fils electriques . Les vendeurs se prelassent sur des chaises en plastic en grignotant des pipas. Parfois ce sont de tres jeunes meres, dont les gosses ont toujours la culotte traditionnel: pantalon de feutre degageant les fesses, permettant de faire, tout habille.

Plus loin les rues montent et se tordent, signe que je suis aux confins de la ville. Les espaces entre les immeubes sont aussi etroits qu en Corse, quoiqu encore plus sombre et bien sur avec des surprises diverses sur le sol. On me regarde comme une chose rare, mais avec discretion. Je trouve les chinois tres calme. Ont-ils change depusi 2002 et 2007, ou est ce parce que je ne connaissais pas cette partie du pays? Peut-etre m etais-je tellement prepare a quelque chose d horrible que je trouve, comme disent les quebecois, que ca n est pas si pire que ca.

Et la salete? Eh bien j en ai vu de la plus impressionante a Hong Kong! Les ruelles de Tsim Sha Tsui, sitot sortit des boulevards, n ont rien a envier au reste de la Chine. Dans certains boui-boui, on pisse a cote de la cuisine… a meme le sol. Il n y a meme pas de trou, a peine une rigole.

Mais je parlerai de Hong Kong lorsque j aurai un clavier plus arrangeant a disposition. Pour l instant mon regard se porte plutot vers les paysages karstiques du Guangxi et ses forets que je ne suis pas sur d atteindre, comme j ai pris surement trop peu d argent . J en etais reste aux prix d il y a 4 ans, et j ai laisse la moitie de mon cash bien garde a Hong Kong. Mais qu est-ce qu il m a pris? Oh mais j irai jusqu ou je pourrai. Comme ces rues inconnues que j ai arpentees auourd hui, la decouverte peut tres bien se passer de grandes distances.

A.

Publicités

La chasse a l’arbre

mars 4, 2011

Tout a l’heure, départ pour Hong Kong.

 J’y retrouverai Daniel qui est venu me visiter il y a juste un an. A vrai dire, il avait été envoyé par sa mère voir un oncle qui devait lui inculquer les bonnes valeurs du libéralisme économique (que la famille de Daniel me pardonne si j’ai mal compris). Mais Daniel passa finalement le plus clair de son temps avec moi, plus intéressé par une étude sociologique… des troquets de Tokyo.

 

Hong Kong,  paraît-il, c’est LA skyline de l’Asie. Pas une mégapole comme Tokyo, bien sûr, mais beaucoup plus ramassée, elle n’en est que plus graphique. Une forêt de tours serrées qui borde le port Victoria, immédiatement ourlé par des collines tropicales. Sans transition entre les tours-crayons et les pentes boisées. Pas de demi-mesure, pas de demi-immeuble. Là-bas 100 mètres c’est la norme, que dis-je, le plancher de la ville.

 

J’irai vérifier tout ça. Mais comme je ne vais pas tous les jours en Chine, je ferai aussi un saut hors de l’ex-colonie britannique. Revoir la campagne chinoise. Les villages paumés, si terreux, si boueux, si merdeux. C’est n’est pas péjoratif! Plutôt ma propre expérience. Je me rappelle ce boui-boui dont les latrines donnaient sur la porcherie. Ça leur tombait dessus, et eux, ils étaient la nourriture des prochains clients.

 

Le mieux pour trouver de la campagne authentique, qu’elle soit avec ou sans latrines-porcherie, c’est d’aller au hasard dans les vallées. S’éloigner des grands chemins, s’enfoncer dans les montagnes, remonter le cours des rivières. Avoir une destination, fort bien, mais veillez à la maintenir provisoire. Il vaut mieux se garder de tout miser sur une localité, car la campagne profonde se révèle le plus souvent en chemin.

 

Le  but de ma visite sera donc… un arbre.

Et si au passage je traverse des terres qui me plaisent, tant mieux! L’arbre en question (Cathaya argyrophylla) ne se trouve que sur 4 ou 5 montagnes dispersées dans le Sud de la Chine. Et dans chaque localité, ce ne sont des populations que de 10 à 30 individus, perdus dans l’immensité de forêts déjà difficiles d’accès. La ville, la plus proche de la montagne que je vise, est à une vingtaine d’heures de Hong Kong, et encore je ne suis pas sûr que l’autoroute Canton-Guilin soit achevée.

 

J’ai déjà « chassé » le Cathaya il y a neuf ans, sur une montagne sûrement plus accessible dans la région de Chongqing. J’avais 15 ans et j’étais avec mon père que j’avais embarqué dans cette quête au specimen dont je savais seulement deux choses:

1) Il y en avait un groupe dans le massif montagneux.

2) Cathaya se dit « Ying Shan » – mais attention aux tons!

 

Nous avions payé un taxi de Chongqing jusqu’au pied de la montagne, trouvé là un téléphérique qui nous amena trop haut, marché sur des sentiers en demandant notre chemin vers l’arbre à des locaux dont les informations ne se recoupaient pas toujours, et puis finalement sommes arrivés à un village perdu dans la brume, une sorte de mirage.

 

Là,  nous trouvâmes des autochtones d’une minorité ethnique qui ne parlaient pas beaucoup mieux chinois que moi, mais qui acceptèrent avec enthousiasme de nous guider. Deux d’entre eux nous firent enfourcher leurs mobylettes. Holà, pas sans casque, avertit mon père. Des casques? Bien sûr ! On nous remit donc des casques de chantiers déglingués. En guise de chauffeur, j’eus droit au plus bavard des deux types, qui manifestement surestimait mes connaissances en chinois. Sur la piste boueuse,  il freinait en jouant autant du pied que de la main, histoire de ne pas trop s’entailler le doigt. Car son frein s’étant désossé, il avait enroulé le câble autour de son doigt. 

Nous fûmes soulagés lorsqu’ils nous indiquèrent l’endroit à partir duquel il fallait poursuivre à pied. Pas pour très longtemps, car il n’y avait même plus de chemin, et la pente à descendre était particulièrement raide. Après quelques pas maladroits, nous nous résignâmes à nous laisser glisser sur la boue, ce qui n’empêcha pas mon père de s’écorcher la main sur des bambous. Enfin,  j’aperçu LES arbres. Un petit groupe, sur un rocher en forme de pain de sucre. Une relique sortie tout droit du temps des dinosaures. Je trépignais à l’idée de pouvoir toucher son écorce, examiner ses aiguilles, et peut-être même récolter des graines!

 

J’approchai, cherchant du regard des prises dans le piton rocheux. Pour découvrir qu’elles avaient toutes été bétonnées. Fin de l’aventure.

C’était ma première rencontre avec des Cathaya sauvages. Mais j’espère bien les retrouver la semaine prochaine!