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Yamba ストップ!

septembre 22, 2009

Le nouveau gouvernement japonais, dont le cabinet ministériel a été formé il y a une semaine à peine, ne perd pas son temps! C’est qu’il a peu de temps pour faire ses preuves: Les prochaines éléctions sénatoriales auront lieu dans un an. Si les Japonais n’avaient pas l’air de nourrir d’immenses attentes le lendemain de l’élection, j’ai l’impression que l’intérêt pour le gouvernement Hatoyama, et par extension, pour la politique en générale, croît petit à petit. Très prudents dans leur déclarations, les ministres frais émoulus n’en oublient pas moins les promesses éléctorales. L’une d’elles concernent les grands projets d’infrastructure, et notamment un coûteux méga-barrage, dont la construction est désormais gelée.

En juin 2007, en route pour la fameuse station thermale de Kusatsu avec ma copine, nous traversions une vallée luxuriante, quand soudain! Jaillissant de la forêt, se dressaient trois piliers de bétons titanesques, au sommet desquels s’affairaient des grues. En aval la montagne avait été rabotée et comblait la rivière, devenue un maigre filet. Stupéfaction! Violent sentiment d’ubris, d’un acte profondément contraire à l’ordre naturel des choses.

Plus loin, une pancarte annoncait fièrement: Ici, bientôt le lac de retenue du barrage de Yamba » aggrémentée de personnages style dessin animé, tout souriant. De la part d’un pays comme le Japon, si souvent cité en exemple de relation symbiotique avec la nature, je n’en croyais pas mes yeux! La vérité, c’est que le Japon regorge de ce genre d’infrastructures destructrices, inopportunes et coûteuses. Plus aberrant encore, celles-ci sont particulièrement nombreuses dans les campagnes.

Pourquoi tant de barrages inutiles, d’autoroutes au milieu de forêts inhabitées, de pans entiers de montagnes minutieusement bétonnées, de kilomètres de côte noyés sous les tripodes? Parce que les préfectures sont toutes de mèche avec les entreprises de constructions (c’est-à-dire que les mêmes personnes sont souvent aux commandes des deux) et qu’elles recoivent de l’état des mannes qu’il leur faut justifier. Un système qui a la vie dure, mais que le gouvernement Hatoyama semble décidé à ébranler.

L’annulation en cours du barrage de Yamba, premier signe de cette volonté, m’as surpris autant que soulagé.

AG