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Kyoto Kyooooto.

novembre 27, 2009

Cher tous, à l’occasion du festival de mon campus, je n’ai pu me garder de changer d’air et je suis aller explorer le Kinki 近畿 pendant une semaine. Je suis de retour et je reprend mon rythme hebdomadaire, en principe un billet tous les mercredi!

Je me suis permis le luxe du shinkansen, qui me manquait après plus de deux ans. Comme toujours, dix minutes après que les notes du refrain de Iihi tabidachi aient retenti (« A-ah Nihon no dokoka ni… »), je m’assoupis. Quand j’étais petit, deux choses me faisaient m’endormir à coup sûr: Le bruit du foehn et celui de l’aspirateur. Désormais il y a le shinkansen. C’est un peu plus coûteux!

Il faut le vivre pour comprendre, cette puissance mesurée, savament dosée, cette accélération doucement exponentielle. Cela s’explique aisément: contrairement aux TGV, presque tous les wagons sont locomoteurs.

L’un des nombreux stéréotypes que les Japonais aiment à resasser sur eux-mêmes, c’est qu’ils seraient particulièrement sensibles aux saisons. Beaucoup de Japonais pensent d’ailleurs que le Japon est le seul pays à jouir de quatre saisons bien distinctes! En réalité, la véritable particularité est légèrement différente: Là où nous remarquerions les couleurs d’automne en jetant quelques coups d’oeil, les Japonais prennnent des dizaines de photos. Là où nous cueillerions un bouquet, les Japonais boivent sous les sakura. Là où nous admirerions les floraisons dans un parc voisins, les Japonais vont à l’autre bout du pays pour voir les cerisiers au moment crucial.

Différence de tradition donc, pas de sensibilité. Toujours est-il que j’avais sous-estimé la popularité de Kyoto comme destination pour voir les érables rouges. Les foules viennnent en masses encore plus denses que pendant la période des sakura! Le week-end dernier, des touristes de tous le Japon ont afflués, profitant que le lundi était congé. D’outre-mer aussi, les badauds des feuilles rouges ont fait le déplacement. De Corée, de Taiwan ou de Hong-Kong, certaines demoiselles s’étant parées exactement comme des japonaises aux jours fastes, en tunique complète de kimono!

Fort heureusement, il est facile d’éviter les foules, car elles se concentrent dans les hauts-lieux du tourisme de Kyoto: Kiyomizu-dera, Kinkakuji, château de Nijô… Or Kyoto, ville de culture depuis 1215 ans, épargnée par les bombardements américains, regorge de temple et de ruelles à l’image de l’ancien temps.

J’ai passé une journée dans les envrions d’Arashiyama, au Nord-ouest de la ville. On dirait que les rives de la rivière Oi n’ont pas changé d’aspect depuis l’époque Heian! Passé le fameux pont, commence des quartiers où les maisons en torchis se mêlent aux temples de toutes tailles qui foisonnent.J’ai quitté le Tenryu-ji de la secte zen Rinzai lorsque trois cars de touristes sinophones ont envahis le jardin tout de vermillon vêtu. Marché entre les temples et les ryokan jusqu’à pénétrer dans la forêt de bambou. On tombe sur des rails de train, mais il n’en passe pas souvent apparement. Au bord du chemin, dans la clairière où passe la voie ferrée, un ojisan (grand-père) vendaient des graines de gingko à la livre. Nous avons bavardé un peu et il m’a confié comment distinguer les graines fertiles des autres, et cela sans les tremper dans l’eau. Poursuivi, à travers des ruelles sinueuses et sans plus aucun touriste, me régalant au passage d’un succulent kaki de Nara, jusqu’au Daikoku-ji, un grand temple de la secte Shingon, la même obédience, donc, que les 88 temples du pélerinage de Shikoku (cf. mes carnets de route pour la RSR, voir http://www.golivoyage.blogspot.com ), où j’ai posé quelques questions byzantines à un bonze que le froid ne mordait manifestement pas autant que moi.

C’était déjà la dernière heure lorsque je traversai la campagne qui s’ouvre au-delà du Daikaku-ji. Fit la connaissance d’un épouvantail alcoolique et d’un étang bucolique, et je suis enfin arrivé au fameux jardin de pierre du Ryoan-ji.

Un épouvantail qui a de la bouteille...

L'étang Hirosawa

Le jardin de pierre du Ryoan-ji 竜安寺

 

 

Fin de la première partie.

A.