Posts Tagged ‘saison’

Zansho 残暑, c’est fini.

novembre 4, 2009

Zansho, un mot un peu oublié pour conter les journées chaudes en plein automne. Littéralement, « la survivance de l’été ». Le gros typhon a nettoyé le ciel pour un mois, un mois de Zansho. Je crois qu’il s’est achevé aujourd’hui. Ce matin, l’air était limpide mais il avait perdu dix degrés.

P1080953

Photos de ce billet: ascension du Hotaka san 穂高山, 2ème plus haut sommet du Japon, 26-27 sept. 09

Je crois savoir qu’au pays natal vous aussi avez eu un beau Zansho. J’imagine mon jardin dans ses habits d’automne, le cuivre (C’est bien ça, Maman?) des Metasequoia, et l’or du Gingko, pour ne citer que les plus altiers.

A propos du typhon numéro 18, j’ai du vous laisser sur votre faim! Eh bien si vous voulez savoir, il n’a heureusement fait que peu de victimes, essentiellement des gens écrasés sous leur maison ou par des arbres, et moins de dégâts que ce que l’on craignait, mais à Tokyo le réseau ferroviaire, poumon de la capitale, a été paralysé à un point inconnu depuis plusieurs décennies. Sur une ligne, on a vu 3000 cols blancs être obligés de descendre d’un train et de marcher sur la voie avant de rejoindre des bus. Parmi les autres images spectaculaires, des toits de maison envolés et pris dans des fils électriques, ou encore un vélo encastré dans un mur à deux mètres du sol.

P1080905

Et puis, comme la liste de mon frigo ne vous dit pas grand-chose sur mon moral, sachez qu’il est brillant! Ecouté quelques classiques d’Enka, et surtout Yamaguchi Momoe, et j’étais sur pied. Comme écrit à la dernière ligne de « vase clos », dès le lendemain j’élargissais mon horizon de nombreuses nouvelles connaissances… Il suffisait d’être un peu plus mordant.

P1080891

Ne manquait plus qu’une chose. Un vélo! J’ai laissé mon Tigra vert et rouge à Genève, après avoir usé sa selle quotidiennement. Au Japon, pays des Keirin 競輪, je pensais me faire le vélo de mes rêves. J’avais déjà tout le plan en tête: un cadre de fixie léger couleur unie, des roues de course à profil moyen peut-être 8 fois 3 rayons, une roue arrière flip-flop pour faire tantôt single-speed, tantôt pignon fixe, et surtout un cintre à courbe continue de Keirin, de la pure technique japonaise!

Seulement voilà, je ne suis pas le seul à aimer les vélos ici. Et en particulier les fixies et les vélos de route vintage sont si demandés à Tokyo qu’ils se vendent à des prix mirobolants! J’ai fait une grosse dizaine de magasins spécialisés, comparé des pièces, silloné Tokyo… il y a toujours trop de zéros!

P1080926

Des vélos d’occasion? Pas mieux. J’ai fait plus d’une heure de train sur le plateau de Musashino, au fond de Tokyo (on voyait des montagnes, c’est dire si j’étais loin!), pour débusquer des pièces dans une grande kermesse de vélo d’occaze qui a lieu deux fois par année. Il n’y avait plus qu’une dizaine de péquenauds quand je suis arrivé, mais ils m’assurèrent qu’ils avaient été deux mille le matin! Il restait des pièces à vendre, on me proposa un cadre rouillé à la chaîne pantelante pour 800 francs! Ah oui, mais fait en Suisse!! Il fallut que je vinsse jusque là pour ça.

P1080964

Alors j’ai ajourné mon projet myrifique. Me suis rendu à la seule fourrière de Tokyo qui répare et revend les vélos. A Suginami, pas encore la banlieue, mais un peu décentré vers l’Ouest. Les vélos abandonnés par leur propriétaire ou embarqués parce que parqués illégalement (près des gares, en particulier, il faut acheter un droit de stationner, qui ne vaut que pour un seul endroit à la fois) se compte par milliers. Dieu seul sait où ils disparaissent, sauf pour une minuscule faction qui sont récupérés à Suginami. Ceux qui ne sont pas réclamés par leur propriétaire dans les mois suivants sont remis à neuf et vendus à prix modeste, un jour par mois.

P1080914

A 11h, après une heure d’attente devant le grillage, ouverture des portes, et nous sommes rentrés dans l’ordre d’arrivée (le premier étant arrivé à 6h30). Seul hic, il n’y avait qu’une trentaine de vélos réparés pour une cinquantaine de personnes! J’ai pris la première bicyclette de grand-mère qui ne me paraissait pas trop lourde, et l’ai eue pour 80 francs. Aux antipodes du vélo de mes rêves, mais ça roule!! Et avec son panier sur le devant, sa dynamo et ses pares-boues, j’ai même fait une très bonne affaire!

A.

Photos de ce billet: ascension du Hotaka san 穂高山, 26-27 sept. 09. Et voici le dessert:

P1080949

Pinus pumila, environ 2700m.

P1080958

Une ombellifère, environ 2100m.

Publicités