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Aux Féroées ou au Japon…

novembre 10, 2009

Je me souviens, il y a onze ans, avoir été impressionné par les toits luxuriants de vieilles maisons féringiennes. De véritables champs miniatures, en pente, faisaient office de faîte.

Il n’y a pas qu’aux îles Féroés, mais aussi aussi au Japon, que l’on peut admirer des demeures à toit de chaume. Pour être honnête cependant, leur nombre se réduit inexorablement. Leurs propriétaires sont souvent très âgés, habitent à la campagne et n’ont ni la force ni l’argent nécéssaire à l’entretien. Généralement, leur mort entraîne celle de leur batîsse.

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Pour rêver un peu, lisez « Le convoi de l’eau » (水の葬列) d’Akira Yoshimura, qui imagine un village du Japon d’après-guerrre coupé du reste du monde, arraché à sa solitude par la construction d’un barrage qui le condamne. Il décrit des masures aux immenses toits de chaume, très raides, et couverts de mousse géante.

Auraient-ils été inspirés par le romancier? Des ingénieurs japonais ont mis au point un revêtement pour toit en mousse végétale. Le principe: des panneaux vivants, assemblables, et auto-suffisants. L’intérêt, c’est l’extrême pouvoir isolant. Une propriété connue depuis belle lurette (et il faut rendre ici aux fermiers de Torshavn et Shirakawa-go!) mais l’innovation réside dans l’adaptation à un environnement urbain.

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D’après les ingénieurs japonais, la mousse végétale permet de grandes économies de chauffage (ou d’air conditionné). Les panneaux prolongent aussi la durée de vie des bâtiments, en réduisant les écarts de température et surtout en absorbant l’humidité. Un panneau d’un mètre carré, pesant 5 kilos lorsque la mousse est sèche, gonfle jusqu’à 43kilos une fois gorgé d’eau! A l’inverse, la mousse survit plusieurs mois sans une goutte d’eau.

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Mieux encore, il semblerait que la mousse intercepte les rayons ultraviolets et qu’elle atténue l’effet de serre (mais je n’ai pas de proportions chiffrée).

Le plus captivant, pour moi, reste le fait de se servir d’un matériau vivant, et de lui léguer une certaine responsabilité. En extrapolant, c’est en quelque sorte une première étape vers plus de confiance envers la nature, un retour timide vers une relation plus fusionnelle et harmonieuse. Mais je vois peut-être un peu trop loin? Pour l’instant, c’est en tout cas une curiosité technologique!

A.

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